EXPATRIATION / LIFESTYLE

Bilan d’un an d’expatriation au Canada

Libre sur le pont américain-canadien devant les chutes de Niagara

Un an. J’ai habité un an au Canada, un an d’expatriation dans un pays où je n’avais jamais mis les pieds avant, où j’ai appris à l’aimer (et à parfois à le détester). Depuis un peu plus de deux mois, je suis de retour en France. Je me demande si j’y ai vraiment habité, tellement le temps file à une vitesse. Ces dernières semaines, j’ai fait le bilan et pris du recul sur cette année passée. Mon expérience est tellement propre à moi. J’ai envie d’y laisser une trace sur ce blog et peut-être donner ou non envie à d’autres de sauter le pas de l’expatriation.

Pourquoi j’ai aimé vivre au Canada

Après avoir habité 5 ans à Angers, nous avons enfin décidé de franchir le pas de l’expatriation, avec Andrés (enfin pour moi, lui est déjà expatrié), en quittant la France pour le Canada, en août 2019. Cette aventure a duré un an, le temps de mon contrat de travail. Je ne regrette pas d’avoir fait cette merveilleuse aventure. J’ai adoré vivre au Canada. C’est un magnifique pays qui m’a tant fait rêvé pendant de nombreuses années. Et je suis si chanceuse de pouvoir dire que j’ai réalisé un de mes rêves : vivre à l’étranger et vivre au Canada.

Les premières fois de l’expatriation

Alors pourquoi j’ai aimé vivre au pays des caribous ? J’ai pu assouvir entre autres ma soif d’aventures. Lorsque tu pars à l’étranger, tu vis plein de premières fois. Vivre l’expatriation, c’est se confronter à des situations et à des expériences toutes nouvelles. Quand j’ai mis un pied pour la première fois au Canada, tout était nouveau : la langue, la façon de vivre et de consommer, les paysages, les références culturelles etc. Et c’était exactement ce que j’étais venue chercher en partant à l’étranger. Vivre des expériences nouvelles. Tu te sens bousculée dans tes habitudes, et parfois c’est très violent. Mais en général, cela t’apporte un sentiment d’émerveillement constant. D’ailleurs, c’est ce qui me manque le plus depuis que je suis rentrée en France.

Vancouver entre nature et ville et son magnifique port

Les paysages magiques du Canada

Le Canada, par ses grands espaces naturels, offre tant de paysages à voir au moins une fois dans sa vie. C’est une des raisons pour lesquels j’ai toujours été attirée par ce magnifique pays. Moi, qui aime tant les lacs, les montagnes et les forêts, le deuxième plus grand pays au monde y est recouvert. J’ai aussi l’impression qu’il est difficile d’être rassasié puisqu’il y a toujours plus à explorer. Les paysages naturels sont à couper le souffle, peuplés d’animaux tous plus majestueux les uns que les autres : caribous, ours, tamias rayés, écureuils etc.

Puis, le Canada se renouvelle à chaque saison, les paysages admirés l’été deviennent tout autre l’automne, l’hiver et le printemps. Selon moi, un lieu – pour être apprécié à sa juste valeur, doit être vu à ses quatre saisons. Le Parc Algonquin, où j’ai passé un merveilleux week-end par exemple, j’ai pu le contempler à la saison de l’automne, mais si j’y retourne le printemps ou l’hiver, je suis sûre que j’aurai l’impression d’en découvrir un autre décor. C’est ce qui rend d’ailleurs magique le Canada. L’automne étant ma saison préférée, je trouve que le Canada lui fait honneur, c’est clairement le pays où cette saison y est le plus belle sur terre. Tout simplement.

L’expatriation, c’est pas toujours tout rose, il faut s’y préparer

Il est vrai que lorsqu’une personne revient de l’étranger, elle parle plus souvent des hauts et non des bas de l’expatriation. Et heureusement, puisqu’à la fin, nous finissons par retenir seulement les bons moments de notre expérience passée à l’étranger. Mais, j’aurai aimé avoir des retours de ces difficultés afin de m’y préparer. Dans mon article 6 mois d’expatriation au Canada, j’abordais déjà ce blues de l’expatrié, que j’ai pu expérimenter.

L’idéalisation de l’expatriation

Une des raisons qui donne naissance à ce blues, c’est l’idéalisation de l’expatriation et du pays dans lequel on déménage. Nous croyons toujours que l’herbe est plus verte ailleurs, que les problèmes s’envolent lorsqu’on quitte son pays natal. Lorsque je suis partie au Canada, je n’y avais jamais mis les pieds, j’avais lu de nombreux articles d’expatriés français partis là-bas. En général, ils décrivaient le pays comme l’Eldorado. Je suis donc arrivée avec plein d’idées préconçues sur le Canada et l’expatriation en général, surtout celles qui me plaisaient : une aventure de tous les jours, la nature, les forêts et les lacs. Bref, dans ma tête, je m’imaginais faire des randonnées et du canoë dans les parcs nationaux tous les week-ends. La vérité a été tout autre.

S’expatrier, c’est se heurter à des problèmes non envisagés

Le premier point problématique de notre expérience à l’étranger a été l’argent. Je ne suis pas partie là-bas pour faire fortune, j’étais en service civique donc payée comme tel. La vie y est très chère et nous ne pouvions pas partir tous les week-ends, comme je me l’étais imaginée.

Un autre élément important et non négligeable, est que nous n’avions pas de voiture. À savoir qu’au Canada, la voiture est reine. Les distances sont immenses et les transports très limités. Afin de vous donner un ordre d’idée, la banlieue dans laquelle nous vivions, fait trois fois la taille de Paris et met seulement à disposition des bus à ses usagers comme moyen de transport. De plus, nous n’avions pas la possibilité d’obtenir un permis de conduire canadien en raison du permis d’origine espagnole d’Andrés. Et puis, les prix des assurances voiture sont absolument scandaleuses.

Par conséquent, notre mobilité était compromise, par l’argent, les transports et la Covid-19, cela a eu pour effet une baisse de moral pendant notre année d’expatriation, au Canada. Malgré nous avons réussi à faire des voyages et des excursions qu’au fil des mois, je ne pensais plus possible, surtout avec la Covid-19.

Pourquoi le Canada n’est pas un pays où je me vois vivre à long terme

Au bout de cinq mois sur place, nous avons décidé de nous inscrire à nouveau sur le site de l’immigration canadienne pour peut-être être tiré au sort au PVT (Permis Vacances-Travail). Nous n’étions pas venus avec ce type de permis, et nous voulions tenter notre chance avec celui-ci afin de pouvoir peut-être y rester plus longtemps qu’un an, la durée de notre permis actuel. Si vous souhaitez vous renseigner à ce sujet, je vous conseille le site des pvtistes, qui est une mine d’or pour toute personne souhaitant s’expatrier au Canada.

Malheureusement, l’année 2020 aura stoppée toutes nos chances d’y rester plus longtemps, en raison de la Covid-19. Notre souhait était de prolonger notre expatriation, sans toutefois s’y installer. Nous le saurons jamais (même si ma demande n’a toujours pas été refusée). Peut-être qu’à terme, nous aurions changé d’avis et souhaité y vivre définitivement. Mais nous avions listé plusieurs raisons pour lesquelles le Canada bien qu’un pays magnifique n’était pas celui où nous nous projetions à long-terme.

La culture du travail au Canada

La première raison : la culture du travail y est trop généralisée. Les canadiens ont un peu la même aspiration que les états-uniens avec l’American Dream : travailler beaucoup pour réussir financièrement. Je précise que mon témoignage est celui de quelqu’un ayant vécu à Toronto, donc pour ceux qui vivent au Québec, cela est peut-être différent, c’est vraiment une province à part. Puis, les pauvres canadiens n’ont que 10 jours de vacances par an. Autant vous dire que ce point est clairement rédhibitoire pour moi. Ma philosophie de vie ne se calque pas vraiment avec la culture du travail vraiment ancrée au Canada. Je suis à la recherche d’un travail, qui me passionne mais qui me laisse surtout du temps pour le passer avec les gens que j’aime et pour mes loisirs.

La culture du crédit et de la surconsommation au Canada

Autre raison, la culture du crédit. En France, nous sommes solvables lorsque nous gérons bien nos comptes sans jamais avoir eu besoin de prendre des crédits. Au Canada, cela est un tout petit différent. Vous pouvez par exemple, acheter à crédit un café au Tim Hortons. La plupart des canadiens vivent à crédit et sont poussés par les banques et cette culture capitaliste de vivre au dessus de ses moyens, au risque de se surendetter. Lorsque vous avez un crédit, les banques vous attribuent un crédit score, une note sur les crédits que vous avez engendré et qui prouve que vous les remboursez en temps et en heure. Sans ce fameux crédit score, vous ne pouvez pas louer ou acheter un bien. Ou il vous faudra suffisamment d’argent pour rassurer les banques ou les propriétaires, en donnant 6 mois de loyer en avance par exemple. Bref, ce n’est pas pour moi.

L’épicurisme européen

Enfin, la dernière raison est que j’aime bien trop notre façon de concevoir la vie en Europe. Selon moi, le plaisir y est bien plus célébré, au travers de la nourriture, le patrimoine, la farniente… Nous avons tellement de chances, et je m’en suis clairement rendue compte en allant au Canada. C’est pour cette raison que je remercie ce pays de m’avoir donné un nouvel aperçu du continent européen. Toujours selon moi, la qualité de vie y est supérieure en Europe. Nous avons plus facilement accès à l’école, les transports, la culture, le patrimoine, le voyage, les aides sociales… Bien entendu, le Canada a beaucoup à offrir, et nombreux sont les français qui ne quitteraient plus ce magnifique pays. Je comprends leurs raisons, mais la balance dans mon cas, pencher plus pour un retour en Europe.

Malgré tout, le Canada restera à jamais dans mon coeur. La Poutine, les paysages naturels à couper le souffle, la gentillesse des canadiens, leur vivre ensemble représentent tout ce qui me manquent déjà terriblement. J’espère pouvoir rapidement y remettre un pied et de nouveau m’émerveiller.

La skyline de Toronto au coucher de soleil

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